Qu’est-ce que le CBAM et quel sera son impact sur votre entreprise ?

CBAM : Guide pour comprendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières

CBAM : Révolutionner l’action climatique dans l’UE. Découvrez ses caractéristiques, son impact sur les entreprises et ses effets sur le commerce mondial.

Résumé

  • Singapour est un chef de file en Asie du Sud-Est en matière de réglementation climatique, visant la neutralité carbone d'ici 2050 et des objectifs ambitieux en matière d'énergie solaire et d'efficacité énergétique des bâtiments d'ici 2030.
  • Les réglementations obligatoires en matière de publication d'informations sur le climat, notamment les rapports de niveau ISSB pour les secteurs à haut risque, favorisent la transparence entre les entreprises et facilitent la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.
  • Terrascope aide les entreprises à visualiser et à gérer leurs émissions de carbone, garantissant ainsi la conformité réglementaire et soutenant les objectifs de développement durable grâce à des analyses de données.

 

Introduction

Les entreprises et les gouvernements reconnaissent de plus en plus l'urgence de lutter contre le changement climatique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). L'Union européenne (UE) joue un rôle clé dans les efforts mondiaux de réduction des émissions, en mettant en œuvre diverses politiques et réglementations pour faciliter la transition vers une économie bas carbone. Parmi les réglementations les plus récentes figure le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF).

La proposition CBAM constitue une avancée majeure vers la réalisation des objectifs climatiques de l'UE, notamment la réduction des émissions de GES d'au moins 55 % d'ici à 2030. Présentée par la Commission européenne en juillet 2021, elle est entrée en vigueur en mai 2023. Dans cet article, nous aborderons les principales caractéristiques du CBAM, son fonctionnement et son impact potentiel sur les entreprises et le commerce.

 

Comment fonctionnera le mécanisme d'ajustement carbone de l'UE 

Quels sont les objectifs du CBAM ?

Le CBAM a été conçu pour lutter contre les fuites de carbone, phénomène qui se produit lorsque des entreprises délocalisent leurs activités vers des pays aux réglementations environnementales laxistes afin d'éviter les coûts liés à la mise en conformité avec les politiques climatiques de leur pays d'origine. Le transfert de la production vers des pays aux normes climatiques moins strictes peut entraîner une augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les fuites de carbone désavantagent également les industries de l'UE qui sont tenues de respecter les politiques climatiques.

L'UE vise à prévenir les fuites de carbone en faisant payer aux importateurs les émissions liées à la production des biens importés. Cette mesure inciterait les entreprises hors UE à réduire leurs émissions de carbone et à opérer une transition vers une économie bas carbone. Les entreprises seraient tenues de payer pour leur empreinte carbone, quel que soit le lieu d'implantation de leurs activités. Cela permettrait d'instaurer une concurrence équitable pour les industries européennes soumises aux exigences strictes de l'UE en matière de climat et d'éviter qu'elles ne soient distancées par les importations provenant de pays aux normes environnementales moins strictes.

De plus, le CBAM créerait une source de revenus supplémentaire pour l'UE, qui pourrait servir à financer l'action climatique et à soutenir la transition vers une économie verte. De 2026 à 2030, le CBAM devrait générer des recettes estimées à environ 1 milliard d'euros par an en moyenne pour le budget de l'UE.

 

CBAM : Comment cela fonctionnerait-il ?

Le mécanisme de compensation des émissions de carbone (CBAM) obligerait les importateurs à payer pour les émissions de carbone liées à la production des biens importés dans l'UE, selon la même méthodologie que celle appliquée aux producteurs de l'UE dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission (SEQE) de l'UE. Le CBAM fonctionnerait en exigeant des importateurs l'achat de certificats électroniques pour couvrir les émissions liées à la production des biens importés. Le prix de ces certificats serait indexé sur le prix du carbone dans le cadre du SEQE.

Le mécanisme de tarification du CBAM serait similaire à celui du SEQE, avec une période de transition progressive et une extension graduelle du champ d'application des produits. Le CBAM s'appliquera initialement aux importations de biens à forte intensité de carbone et présentant le risque le plus élevé de fuite de carbone : ciment, fer et acier, aluminium, engrais, électricité et hydrogène. L'objectif à plus long terme est d'étendre progressivement le champ d'application du CBAM à un large éventail de secteurs. La période transitoire du CBAM a débuté le 1er octobre 2023 et se poursuivra jusqu'au 1er janvier 2026, date d'entrée en vigueur du système permanent. Durant cette période, les importateurs de biens relevant du champ d'application des nouvelles règles devront uniquement déclarer les émissions de GES intégrées à leurs importations (émissions directes et indirectes), sans effectuer de paiements ni d'ajustements financiers. La mise en œuvre progressive permettra aux importateurs et aux exportateurs de s'adapter au nouveau système et d'assurer une transition en douceur vers une économie bas carbone.

À long terme, le mécanisme d'évaluation des émissions de carbone (CBAM) couvrirait tous les biens importés dans l'UE et soumis au système d'échange de quotas d'émission (SEQE). Cela signifie que tout produit émettant des gaz à effet de serre lors de sa production serait concerné, quel que soit son pays d'origine. Le CBAM garantirait également que les importateurs paient pour les émissions de carbone liées à la production des biens importés, incitant ainsi les entreprises à réduire leur empreinte carbone et à opérer une transition vers une économie bas carbone.

Il existe toutefois certaines exceptions au mécanisme de tarification du carbone. Par exemple, les importations en provenance de pays ayant mis en œuvre des mécanismes équivalents de tarification du carbone sont exemptées. De plus, les petits importateurs et exportateurs dont le volume d'activité est inférieur à un certain seuil sont également exemptés.

 

Quel est l'impact potentiel du CBAM ?

La proposition de mécanisme d'ajustement carbone (CBAM) devrait avoir un impact significatif sur la tarification du carbone et le marché des quotas d'émission dans l'UE. En obligeant les importateurs à acheter des certificats carbone pour couvrir les émissions liées à la production des biens importés, le CBAM créerait une nouvelle demande de certificats carbone et pourrait potentiellement augmenter le prix du carbone dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission (SEQE). À cet égard, le CBAM devrait contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'atténuation des effets du changement climatique. Toutefois, son impact environnemental dépendra du prix du carbone et des produits concernés.

L'impact du mécanisme de tarification du carbone (MTC) sur le commerce international et les accords climatiques demeure incertain. Certains pays craignent que le MTC ne contrevienne aux principes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'UE, quant à elle, affirme que le MTC est pleinement conforme aux règles de l'OMC et respecte les principes de concurrence loyale et de protection de l'environnement. De plus, le MTC pourrait inciter d'autres pays à mettre en œuvre leurs propres mécanismes de tarification du carbone et à contribuer à l'effort mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'atténuation des effets du changement climatique.

Conclusion

En conclusion, le mécanisme de tarification du carbone (CBAM) représente une avancée significative vers la réalisation des objectifs climatiques de l'UE et la garantie de conditions de concurrence équitables pour les industries européennes. En prévenant les fuites de carbone et en incitant les entreprises à réduire leur empreinte carbone, le CBAM renforcerait l'efficacité des efforts de l'UE en matière de réduction des émissions et contribuerait à l'effort mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'atténuation des effets du changement climatique. Toutefois, l'impact du CBAM sur la tarification du carbone, l'échange de quotas d'émission, le commerce international et l'environnement dépendra des modalités de sa mise en œuvre et de la réaction des autres pays et parties prenantes.


Date de publication : 6 avril 2025